Comprendre
👉 Garder un message, faire une capture d’écran, prendre une photo ou noter ce qui vient de se passer peut sembler simple. Pourtant, lorsqu’une personne vit des violences ou une situation d’emprise, conserver des traces n’est pas toujours un réflexe — et peut parfois représenter un risque.
Sur le moment, les préoccupations peuvent être beaucoup plus immédiates : faire face à la situation, éviter une nouvelle crise, se protéger, protéger ses enfants ou simplement continuer son quotidien.
Lorsque les faits se répètent, il peut aussi devenir difficile de se souvenir précisément de leur date, de leur ordre ou de leur fréquence. Et lorsque le téléphone, les comptes ou les activités numériques sont surveillés, conserver certains éléments peut exposer davantage la personne.
Dans cet article, nous proposons de mieux comprendre pourquoi il peut être difficile de conserver des traces dans un contexte de violences. Pourquoi n’y pense-t-on pas forcément sur le moment ? Pourquoi des événements répétés peuvent-ils être difficiles à remettre dans l’ordre ? Pourquoi conserver un message, une photo ou un document peut-il parfois représenter un risque ?
Nous verrons également comment certaines traces peuvent aider à retrouver le fil des événements et à mieux les remettre dans leur contexte.
Ce qu’il faut retenir
Conserver une trace n’est pas toujours un réflexe.
Lorsqu’une personne fait face à une situation difficile ou dangereuse, sa priorité peut être de gérer ce qui se passe, d’éviter une nouvelle crise ou de se protéger, plutôt que de penser à conserver une trace de l’événement.
Des faits répétés peuvent être difficiles à remettre dans l’ordre.
Lorsque des événements similaires se répètent, on peut se souvenir de ce qui s’est passé tout en hésitant sur la date exacte, l’ordre ou la fréquence des faits.
Garder une trace peut parfois représenter un risque.
Lorsqu’un téléphone, des comptes ou des activités numériques sont surveillés, conserver un message, une photo ou un document peut faire craindre qu’il soit découvert. Ne pas conserver certaines traces peut alors aussi répondre à un besoin de sécurité.
Une trace isolée ne raconte pas toujours toute l’histoire.
Un message ou un comportement peut sembler anodin lorsqu’il est regardé seul. Le replacer dans son contexte et observer la répétition de certains faits peut aider à mieux comprendre une situation.
Conserver des traces peut aider à retrouver le fil.
Des messages, des photos, des documents ou des notes peuvent aider à reconstituer une chronologie et à remettre des événements dans leur contexte. Ils peuvent également servir de support si la personne souhaite, plus tard, parler de ce qu’elle a vécu avec un professionnel.
Mémo de Vie propose notamment un espace personnel permettant de consigner des événements et de conserver des documents.
💡 Source et références : Cet article s’appuie notamment sur des ressources du Centre national de ressources et de résilience (CN2R), de la Haute Autorité de Santé (HAS), de la MIPROF, de la CNIL et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ainsi que sur plusieurs travaux de recherche consacrés aux événements répétés et à la mémoire.
Les références complètes sont disponibles dans l’article.
👉 Pour aller plus loin : retrouvez l’article complet « Pourquoi est-il si difficile de conserver des preuves quand on est sous emprise ? » en cliquant sur « Télécharger cet article ».